page 59 revue Bateaux n°81

TRITON

Architecte: Carl A. ALBERG (USA)



PERFORMANCES ET QUALITES NAUTIQUES

Ce qui frappe, à première vue, dans un Triton, c'est l'importance de sa voilure, aussi bien sa hauteur de mât que sa longueur de bôme. Les plans de voilure récents que nous avons pu rencontrer nous ont habitués à des focs en tête, à des grand-voiles réduites et à des triangles avant importants.

Ici nous retrouvons le classicisme d'un gréement de Dragon avec guignol. Cette toile importante, liée à une faible surface mouillée, nous donne un bateau qui partira au moindre souffle avec une grande douceur Le centre de voilure placé très haut crée un couple inclinant très prononcé, difficilement compensé par le rappel de la quille. Très favorable au petit temps, cette disposition demandera vite, par temps frais, une réduction de voilure.

Lorsque la brise augmente, le Triton vient à prendre progressivement de la gîte, II se couche doucement sans que l'on puisse déceler exactement sa véritable position d'équilibre. La gîte augmentant, la barre devient alors plus dure: c'est à ce moment que la lisse entre dans L’eau. On constate, si l'on a un speedomètre ou si l'on navigue avec un autre bateau, que cette gîte fait nettement perdre de la vitesse. II faudra rentrer un peu de toile, particulièrement de la grand-voile et le bateau repartira en s'équilibrant le pont légèrement hors de l'eau. A ce moment-là seulement, un point d'équilibre apparaîtra plus nettement.

N’ayant expérimenté qu’un génois à recouvrement de 150 % de la base du triangle avant et non pas le grand génois C.C.A. à 180 %, nous avons en général pu le garder plus longtemps, d'autant plus qu'il nous fallait immédiatement descendre au foc n° 1 légèrement sous-dimensionné .

Par très petit temps, sa grande douceur de barre permet de faire réagir immédiatement le Triton à la moindre risée favorable et, d’auloffée en auloffée, de gagner ainsi un vent sans couper son erre.

Ses élancements, largement calculés et très portants, lui assurent un passage dans l'eau très doux. Toute lame est largement amortie et le Triton retombe toujours en douceur, à condition, par grand creux, de ne pas lui laisser profiter de toute sa vitesse sur la crête et d'utiliser ses rondeurs pour glisser au flanc de la vague.


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