page 61 revue Bateaux n°81

TRITON

Architecte: Carl A. ALBERG (USA)


Bateau très fin par petit temps, il se révèle par belle brise un fort marcheur, si l'on n'éprouve pas de complexe à lui prendre trois tours pendant qu'un Golif voisin gardera tout dessus, tout en restant moins gîté.

Par mer de l'arrière, une certaine vigilance est de rigueur et c'est toujours très progressivement que sera utilisée la barre car ses réactions rapides risqueraient de passer le but à atteindre. Les vagues viendront généralement mourir en douceur sous la voûte très inclinée, mais gare à la vague vicieuse qui, de trois quarts arrière, viendra claquer sur sa hanche arrondie, elle sera particulièrement destinée au barreur trop confiant qui la prendra dans le cou.


GREEMENT ET ACCASTILLAGE

Son gréement dépouillé de sloop sans bastaques permet une manœuvre facile et les virements de bord ne sont pas d redouter, d'autant plus qu'il ne casse jamais son erre et repart très vite sans avoir à laisser porter outre mesure.

Depuis notre premier essai, un rail d'écoute a été installé qui permet un réglage plus nuancé aux allures de près. Désireux d'alléger le couple inclinant, le constructeur nous a annoncé la fourniture en série de mâts en aluminium et d'un rail en pied de mat permettant de baisser à la demande la bôme actuellement très haut placée. Ce réglage devrait permettre facilement de compenser la prise de plusieurs tours La bôme est à rouleau mais le voilier prévoit automatiquement deux bandes de ris en sécurité. La bôme assez longue permet d'éviter l'usage d'un support en X et peut facilement au repos se crocher sur le pataras par une manille rapide.

Le gréement est simple, composé d'un guignol, d'un pataras en tête, d'une hauteur de barres de flèche avec galhaubans et, enfin, de deux paires de bas-haubans. Un étai unique d'avant vient se fixer sur la ferrure d'étrave. L'ensemble est en inox, de même que les cadènes vissées à l'extérieur te la coque. II est donc impardonnable dans ce gréement homogène, qui séduit par sa qualité, de trouver 8 ridoirs en bronze chromé et non en inox. Les filoirs sont fixes et nous regrettons qu'il n'ait pas été prévu en série un rail de réglage. Les winches sont montés sur des renforts en bois verni bien dessinés qui amènent une petite note de chaleur dans ce cockpit assez froid mais confortable. L'écoute de grand-voile est tournée sur des taquets situés sur la face arrière du cockpit. Leur position n'est pas bien pratique pour le barreur et l'on pourrait prévoir un taquet coinceur directement sur le curseur du rail d'écoute.

Le balcon avant est bien dessiné et nous ne saurions trop recommander de prendre également, offert en supplément, le balcon arrière qui s'est révélé aussi confortable qu'utile.

La place des winches ne permet pas la filière continue mais le passage de celle-ci par un point bas à la hauteur des winches résoudra ce problème. Les filières de l’avant s'abaissaient pour dégager le passage du génois; désormais, une filière mobile viendra compléter cette disposition anormale pour la sécurité des équipiers. Les feux de route, placés actuellement très en biais, seront installés parallèlement au plan longitudinal conformément à la réglementation en vigueur.

La plage avant est bien aménagée et permet des manœuvres faciles. La bitte d'amarrage, un peu sous-dimensionnée, est en plastique, directement moulée avec le pont. Des chantiers sont prévus d'origine pour saisir l'ancre à poste, ce qui est bien utile sur un pont en plastique où toute fixation présente un problème. Sur la plage arrière, nous trouvons deux taquets, taille remorqueur, curieusement couplés avec des chaumards de Golif.

Le cockpit a été assez bien dessiné et si le barreur se trouve parfois dans une position guère confortable entre sa barre et l'hiloire sur laquelle il voudrait s'appuyer, les équipiers, par contre, trouveront de multiples combinaisons pour s'asseoir ou s'allonger, trois des dimensions du cockpit étant celles d'une personne couchée.

Bravo pour les bains de soleil à l'abri du vent ! Le cockpit est bien entendu autovideur et nous n'avons jamais souffert d'une remontée d'eau même avec tout l'équipage à l'arrière.

Des mains courantes ont été disposées sur le roof. Nous ne suivrons pas cependant le constructeur qui a abandonné la forme classique a échancrures, où la main trouvait facilement sa prise, pour une barre rectiligne que seule l’extrémité des doigts peut saisir.


51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65

<< prédédente / suivante >>

sommaire